Retour

Municipales : Un « new deal » pour Paris

Paris 2020
Un New Deal pour Paris

Dans une tribune publiée dans Les Échos, Bernard Cohen-Hadad, président de la CPME Paris Ile-de-France, espère de grands changements à Paris. Les municipales de mars 2020 à Paris sont l’occasion de « rebattre certaines cartes ».

Epicentre du séisme politique majeur qu’a été l’élection d’Emmanuel Macron, Paris connaît désormais la plupart des candidats aspirant à devenir son prochain maire. Cette élection municipale est plus que jamais l’occasion de rebattre certaines cartes, d’engager un vrai débat sur le Paris que nous voulons et d’oser – enfin – ouvrir le jeu démocratique.

En mars 2020, je crois que les Parisiens auront d’abord et avant tout besoin d’un maire porteur d’un «new deal» municipal pour mieux intervenir dans la vie de la capitale.

Un maire à 100%, réformiste et indépendant

Paris est une capitale. Elle rayonne. Et elle a besoin d’un maire responsable, disponible et à l’écoute de tous les citoyens quel que soit le quartier où ils habitent. Un maire à plein temps, d’envergure, qui rassemble et qui n’est pas l’otage d’un parti ou d’un clan.

Dans cet esprit les réformes structurelles et institutionnelles engagées doivent être prolongées. On pense au regroupement de certains arrondissements, au développement économique des Quartiers prioritaires de la ville (QPV) qui s’enlise faute de moyens, aux maires d’arrondissement qui doivent disposer d’une nouvelle autonomie et de pouvoirs économiques et sociaux pour des interventions au plus près du terrain. On pense aussi à la mise en place d’une vraie police de proximité qui rassurera les parisiens et créera des liens indispensables avec les plus âgés et les plus fragiles.

Ensuite on doit revoir la place et le rôle de l’opposition municipale au Conseil de Paris. La démocratie participative, c’est permettre à l’opposition de jouer un rôle constructif et lutter efficacement contre l’absentéisme. Enfin, le Maire de Paris, tout en conservant une relation saine avec l’État, doit savoir affirmer sa particularité quand l’intérêt de Paris est en jeu.

Re-hiérarchiser les priorités

Les Parisiens, les touristes français et étrangers aiment Paris mais tous reconnaissent que Paris est une ville sale où règne l’insécurité et où il est de plus en plus difficile de circuler. C’est dommage ! Cette réalité gâche notre qualité de vivre à Paris, se promener, faire du shopping ou visiter les monuments. Parisiens et touristes doivent trouver une tranquillité dans notre ville. De jour comme de nuit.

Comment ne pas croire que si l’on avait mis autant d’énergie et de moyens financiers pour régler les problèmes d’insécurité et de propreté que ceux engagés contre la voiture à Paris, la situation ne serait pas meilleure ? Il faut faire de la pédagogie et valoriser le rôle des représentants de l’autorité publique (polices, pompiers…) édicter des règles claires et ne pas hésiter à faire appliquer les sanctions.

Le bien vivre ensemble, c’est aussi repenser les mobilités durables et ne plus avoir la phobie de la voiture à Paris. Tout le monde veut bien respirer, la voiture doit donc avoir une place responsable, utilitaire et partagée. Et arrêtons de faire croire que se déplacer en trottinette ou à vélo est la solution pour tous. Enfin, on ne peut pas «se laver les mains» de voir des rues dont les commerces indépendants meurent parce que l’on a, sans concertation préalable, encouragé l’installation d’une moyenne surface, modifié un sens de circulation, supprimé des places de stationnement ou détourné le trajet d’une ligne de bus.

Réduire la fracture sociale

La crise des «gilets jaunes» et les trajets des manifestations ont montré que notre ville était perçue comme une ville otage, cloisonnée et fractionnée. Il y a un Paris des riches et un Paris des pauvres. C’est vrai ! Et il y a ceux qui vivent à Paris et ceux, qui faute de moyens, y travaillent seulement et passent un temps trop long en trajets quotidiens. Et ce n’est pas la faute des entreprises.

Le logement, comme l’attractivité économique des quartiers, doit redevenir une priorité pour tous. Il faut mettre en place une politique interventionniste audacieuse afin d’assurer une nouvelle attractivité économique des quartiers prioritaires de la ville, aider prioritairement les arrondissements défavorisés à se développer, encourager l’installation de commerces indépendants, mettre en place un véritable programme d’accès à la propriété en cédant à des particuliers des logements du parc social de la ville. Vivre dans une ville, c’est espérer pouvoir y construire sa vie de famille ou de couple. En favorisant la mixité sociale et commerciale, on pourra y arriver.

Cet été, à l’occasion d’un triste fait divers, les Français justement émus ont rappelé qu’ils étaient attachés à leur maire. Les Parisiens aussi. Et ils attendent du prochain qu’il ou elle incarne ce nouveau deal municipal.

Bernard COHEN-HADAD

Président de la CPME Paris Ile-de-France