Retour

Maintenir l’emploi exige une haute qualité du dialogue social

Ile-de-France

Le déconfinement se déroule par étape. Et l’on attend avec impatience les effets de la « 2ème vague du retour à l’emploi » dans les entreprises qui démarre le 1er juin. La France a plébiscité le chômage partiel :  12.9 millions de salariés dont 3 millions en Ile-de-France. Mais la reprise marque le pas. A titre d’exemple depuis le 11 mai, 500.000 salariés ont empruntés, chaque jour, les transports en communs. Ils sont 1.5 à 2 millions en période normale. La reprise du travail, comme de la consommation, est attendue avec impatience par nos TPE PME et inquiétude par nos salariés quand on évoque des baisses de salaires pour maintenir l’emploi.

Le risque de licenciement existe

La crise sanitaire a été sans précédent et l’on peut justement se demander si les 450 milliards de moyens financiers mis en place par l’Etat et les régions, pour soutenir l’activité économique, suffiront à éloigner le risque d’une crise économique et sociale. D’autant que l’on annonce une baisse du PIB de 10 à 14 %. Sur le front de l’emploi le chômage partiel n’a pas été une aubaine mais une bouffée d’oxygène. 94 % des patrons de TPE PME le jugent satisfaisant selon une enquête CPME du 14 au 26 mai.

L’épisode de la Covid-19 s’ajoute aux difficultés rencontrées par les TPE PME depuis bientôt deux ans du fait des mouvements des gilets jaunes et des grèves dans les transports. Et si les dispositifs de soutiens financiers et d’exonérations de charges aux entreprises ne suffisent pas à maintenir en vie les entreprises, il faut bien reconnaître que le risque de licenciement existe. Et un frein à l’embauche des jeunes et des séniors. C’est ce que nous voulons éviter ! C’est pourquoi, il faut à court terme, et moyen terme, que l’Etat s’engage à utiliser pleinement le dispositif du chômage partiel, y compris à faire du sur-mesure dans les territoires et selon les branches d’activités par un dialogue entre les Direccte et les entreprises.

Inventer les nouveaux équilibres

Les débats post Covid-19 auxquels nous participons ont, d’ores et déjà, fait voler en éclats nos espoirs d’ « un monde d’après » différent et fait réapparaître les veilles recettes inopérantes : taxations des riches et des dividendes, retour de l’ISF, baisse du temps de travail… Il faut au contraire inventer de nouveaux équilibres pour maintenir l’emploi et relancer la consommation « responsable » des ménages. Dans cet esprit, nous devons accepter de consommer, travailler et vivre différemment. L’arrivée du numérique dans l’entreprise y compris dans les commerces de proximité est encourageante. Elle ne vient pas s’opposer à l’humain. Elle requiert, en revanche, d’organiser différemment le fonctionnement de l’entreprise et  d’encourager le télétravail sur la base du volontariat.

Sans mettre fin au présentiel ni au pouvoir de contrôle des entrepreneurs. Il convient également d’encourager l’Etat, comme les collectivités territoriales, à privilégier la mise en place de « small business act » pour tous les marchés publics en invitant les TPE-PME des territoires à y répondre. Il faut enfin renforcer la formation des salariés, quels que soient leur âge, car nous sommes à un moment où, à face à la concurrence internationale et aux attentes des consommateurs, des métiers vont disparaître mais d’autres vont apparaître.

Garantir la haute qualité du dialogue social

La solidarité exceptionnelle qui est née ou qui s’est renforcée, dans l’entreprise, à l’occasion de cette période agitée ne doit pas nous détourner de notre cap. Celui de l’entreprise citoyenne. Et faire coller les attentes des entrepreneurs et des salariés sur le terrain aux réalités économiques. Nos entreprises vont avoir besoin de souplesse et de compétences pour continuer de vivre et d’adapter au mieux leur trajectoire. Et si des baisses de salaires peuvent être négociées dans le cadre des accords de performance collective (APC) ils doivent l’être en ultime recours. Mais en cas de baisse négociée des salaires, il faudra compenser par l’augmentation des primes défiscalisées, de la participation et de l’intéressement. Ces derniers dispositifs méritent encore d’être regroupés et simplifiés. On ne peut pas envisager des efforts à sens unique, ni réclamer plus de contraintes pour les entreprises et moins de droits pour nos salariés.

Aujourd’hui, ce qui doit être prioritaire c’est de garantir la « haute qualité du dialogue social », un dialogue “HQE” au sens de “Haute Qualité d’Échanges”. C’est pourquoi nous devons favoriser le dialogue entre l’Etat et les partenaires sociaux, respecter les organismes paritaires et leur zone d’interventions. Et se donner les moyens politiques de le mettre en place. 

Nous avons besoin de retrouver de l’espoir et de la confiance. Sans confiance, il n’y aura pas de redémarrage économique, ni de consommation. Sans espoir, il n’y aura pas d’envie d’entreprendre. Pour maintenir l’emploi, faisons confiance aux entrepreneurs de terrain que sont les chefs de TPE-PME ! La force du dialogue dans l’entreprise, la haute qualité du dialogue sociale entre l’Etat et les partenaires sociaux, le rôle sociétal des entreprises dans les territoires peuvent y contribuer.