Portrait | « La RSE est bien plus qu’une contrainte, [c’est] une opportunité pour le développement de l’entreprise. »

Issue d’un parcours en marketing et communication RSE, Dominique Royet a été pionnière en créant la politique des partenariats avec le monde économique au WWF de 1999 à 2009. Elle a ensuite co-fondé un cabinet consulting RSE (GreenFlex) puis en 2015, a pris la Direction Générale de Max Havelaar.

Engagée dans la voie du développement durable, Dominique Royet accompagne aujourd’hui les entreprises dans leurs actions à impact RSE et leur communication au sein de HYSSOP AGENCY

Dans cette interview, Dominique Royet nous parle de l’éveil des consciences des chefs d’entreprise au niveau environnemental et des enjeux autour de la RSE pour les TPE-PME.

Bonjour Dominique, parlez-nous de votre agence et de votre méthode.

HYSSOP est une agence globale qui couvre à la fois les sujets d’expertises techniques RSE (diagnostics, plans d’actions, eco-conception…) et les sujets de communication (positionnement RSE, branding, plan de communication).

Avec mes associés, David Garcia (création-communication) et Guillaume Gozé (stratégie de marque), nous avons constitué une alliance de compétences senior qui nous permet d’avoir une vision d’ensemble de la politique RSE d’une entreprise.

Nous sommes formés aux méthodes du co-design qui permettent de mettre l’intelligence collective au service de l’action. Notre méthode consiste à co-construire sur une problématique, avec les acteurs concernés mais aussi des intervenants extérieurs qui apportent une vision différente du même problème.

Par quels moyens la RSE permet-elle de dynamiser son activité ?

Les statistiques parlent d’elles-mêmes :

  • 90% des salariés estiment que leur entreprise doit permettre de donner du sens à leur travail (Étude IPSOS et CESI, juin 2020)
  • 55% des collaborateurs (76% chez les millenials) estiment davantage l’engagement d’une entreprise que le salaire (Cone Communications, CSR Study, 2017)
  • 74 % des Français disent avoir changé tout (15 %) ou une partie (59 %) de leurs comportements de consommation pour en réduire l’impact.
    (Source : Baromètre Greenflex-Cetelem 2019)

La RSE aujourd’hui est un moyen d’attirer et fidéliser les salariés mais également les consommateurs. Dans les appels d’offres, toutes les entreprises incluent des clauses plus ou moins strictes concernant la responsabilité de leurs sous-traitants. C’est un moyen de gagner des marchés.

Les engagements RSE permettent d’enclencher une dynamique vertueuse de transformation dans l’entreprise. Donc au-delà des obligations légales (loi climat et résilience, loi AGEC…), la RSE est bien plus qu’une contrainte, une opportunité pour le développement de l’entreprise.

Qu’est-ce que la Communication durable ? Comment faire de la communication responsable ?

Je me méfie un peu de ces mots « durable », « responsable » qu’on utilise un peu à tort et à travers. Il s’agit surtout de baser la communication sur des preuves et pas seulement de raconter de belles histoires. C’est un des principes de notre travail appuyé sur le « Story Proving » à la place du « Story telling ».

Aujourd’hui, nous avons affaire à des consommateurs et des clients qui sont de plus en plus sceptiques sur ce qu’on leur dit. Il est important de séduire. Mais on peut le faire en s’appuyant sur des actions concrètes, en phase avec les enjeux de l’entreprise

Le Green Marketing est-il un effet de mode ou y-a-t-il une vraie volonté de la part des entreprises de protéger l’environnement ?

J’exerce ce métier depuis 20 ans et j’ai vu émerger les sujets de RSE petit à petit, jusqu’à l’explosion de ces préoccupations ces deux dernières années, amplifiée encore par la crise que nous venons de traverser. Il ne s’agit pas d’un effet de mode mais bien d’une transformation de la société qui est sortie du simple périmètre des initiés. Pour moi, le marketing sera « green » ou ne sera pas.

Souvent d’ailleurs, les entreprises ont déjà mis en œuvre des actions, de manière empirique sans forcément les qualifier de « green ». Elles ont simplement du mal à les identifier, les prioriser et les faire émerger.

Avec ce constat, quels conseils donneriez-vous à celles qui souhaiteraient se lancer ?

De foncer tout simplement. Mais de ne pas accepter pour autant n’importe quelles conditions de travail, de ne pas accepter le sexisme notamment.

Et si vous souhaitez créer un studio, n’hésitez pas ! C’est très difficile, ça demande beaucoup d’énergie, et il est à mon sens nécessaire d’être bien entourée. Mais le jeu en vaut la chandelle !

Dans le but d’engager un(e) chef(fe) d’entreprise à entamer des démarches de Responsabilité sociétale : Comment éveiller sa conscience ? Quel(s) intérêt(s) pour une TPE/PME ?

Je suis très confiante sur l’éveil des consciences des chefs d’entreprise de TPE/PME. Ce sont des êtres humains comme les autres et ils ont tous suffisamment d’informations pour savoir qu’ils doivent faire évoluer leurs pratiques et leurs modèles pour répondre aux enjeux d’une planète aux ressources limitées. Le problème est plutôt que, parmi les nombreux sujets qu’ils ont à gérer, ils ne voient pas toujours bien à quel niveau ils sont concernés et sur quels leviers ils doivent agir. Beaucoup d’entre eux pensent même que ça peut leur coûter de l’argent qu’ils n’ont pas forcément. Alors, qu’en réalité, un plan d’action RSE permet d’en économiser, en fidélisant les salariés, en réalisant des économies d’énergie, en réduisant les consommations de matière…. 

Un dernier mot ?

Nous sommes l’agence qui veut faire disparaitre la RSE. Nous sommes convaincus que ce sujet n’en sera plus un dans quelques années !

N’oublions pas que nous avons 10 ans pour agir selon l’AFD (Agence française de Développement)


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