Retour

Portrait | “Je veux valoriser les métiers de l’artisanat et protéger les artisans”

Cheffes & Dirigeantes

Présidente de Fiers D’Etre Artisans, Farzaneh Zia Fathy a eu plusieurs vies professionnelles avant d’arriver dans l’artisanat : elle est d’abord passé par l’informatique avant de rentrer dans le secteur du BTP.  Symbole de persévérance, elle a réussi à faire sa place dans un monde ou les hommes sont surreprésentés en créant son entreprise : KA Constructions

C’est à partir de 2018, qu’elle s’engage dans le syndicalisme pour défendre les métiers de l’artisanat et de protéger les artisans.

Retour sur le parcours entrepreneurial de Farzaneh Zia Fathy, Présidente de Fiers D’Etre Artisans.

Farzaneh, vous êtes aujourd’hui entrepreneure dans le bâtiment. Diriger une entreprise, était-ce votre vocation ?

Pas tout à fait. J’ai plutôt commencé ma carrière avec une vocation d’artiste.

Je suis né en Iran, où j’ai commencé mes études avec une soif d’apprendre la décoration et la scénographie. J’ai terminé cette formation juste avant la fermeture des universités, après la révolution islamique. Dans l’Iran de la fin des années 70, c’était difficile d’être une femme et difficile d’être une artiste, alors femme et artiste, c’était mission impossible…

Après la guerre Iran – Irak, je décide donc de quitter mon pays pour rejoindre Manchester, en Angleterre, qui était réputée pour son école polytechnique. À ce moment-là, ce sont les débuts de l’informatique et j’ai saisi la chance de cette technologie naissante où tout restait à découvrir. J’avais 28 ans et deux enfants à élever seule. J’ai enchaîné les journées de travail et les cours du soir à polytechnique, jusqu’à devenir ingénieure en informatique.

Je suis retourné en Iran après la guerre et j’ai trouvé un poste au ministère de l’Urbanisme iranien, que j’ai totalement informatisé. C’est dans ce poste que je découvre Paris, lors d’une formation sur un logiciel de Système d’Information Géographique. C’est là aussi que je rencontre mon mari, qui est architecte. Quelques mois plus tard, je quitte définitivement l’Iran pour m’installer en France auprès de lui, avec un contrat dans une société en informatique, le tout en ne parlant aucun mot de français.

Vous avez fait une carrière dans l’informatique. Comment avez-vous basculé dans l’artisanat ?

A la fin des années 90, j’ai continué sur la voie de l’informatique, en ouvrant une société d’assemblage d’ordinateurs. En 2000, le marché de l’ordinateur a explosé et s’est démocratisé. Les grandes surfaces sont entrées sur le marché et il n’y a rapidement plus eu de place pour des assembleurs comme nous. J’oriente donc ma société vers l’ingénierie réseau. Je continue sur cette voie, en suivant des formations en informatique, en management… Très vite, l’informatique devient une simple gestion de problèmes successifs et ne me passionne plus.

En 2009, je propose à mon mari de monter notre propre entreprise du bâtiment où je prendrais en charge la gestion complète et lui l’aspect technique architecturale. Banco, nous créons KA Construction !

Vous avez fait le choix de vous engager pour l’artisanat en devenant Présidente de “Fiers d’être Artisans Grand Paris”. Pourquoi est-ce important pour vous ?

 Défendre l’artisanat, c’est d’abord faire partie d’un réseau. J’ai beaucoup appris des victoires des personnes que j’ai pu rencontrer. Je m’en suis toujours servie pour me convaincre que si d’autres y arrivaient, je le pouvais aussi.

Tout d’abord, ça fait 26 ans que je suis en France et je veux dire aux femmes qui quittent leur pays pour réussir ailleurs que si moi, Farzaneh, j’en suis là où j’en suis aujourd’hui, c’est que tout est possible si on se bat et si on persévère. Ces valeurs, je veux les transmettre.

Je veux également valoriser les métiers de l’artisanat et protéger les artisans. Le métier du bâtiment est épuisant : à 50 ou 55 ans, ils ne peuvent plus exercer. Mon combat aujourd’hui est de défendre leurs intérêts pour qu’ils aient une vie professionnelle épanouie. Je veux défendre ceux qui sont formés pour apprendre leur métier et leur savoir-faire.

Comment peut-on s’engager à vos côtés dans la défense de l’Artisanat ?

Avec l’association Fiers d’être artisans, nous travaillons activement à définir un nouveau programme pour les Chambres des Métiers qui vont beaucoup évoluer dans les mois à venir. J’invite toutes les femmes, et les hommes aussi, qui sont artisans à me contacter pour nous accompagner dans ce travail et éventuellement participer à l’une de listes que nous présenterons pour les élections qui auront lieu en fin d’année.


On s’engage pour l’artisanat… et vous ?

Être candidat sur la liste Fiers d’être Artisans, c’est vouloir porter les valeurs des TPE et PME artisanales en étant le premier interlocuteur des pouvoirs publics. C’est aussi vouloir participer à la construction de projets et de services en faveur de l’artisanat pour les 5 prochaines années.

Je m’engage !

Pour plus d’informations rendez-vous sur fiersdetreartisans.fr.


Vous souhaitez rejoindre Cheffes & Dirigeantes ? Contactez-nous au 01 56 89 09 30 ou via notre formulaire de contact.