Le Contrat d’Engagement Jeune pour les jeunes les plus éloignés de l’emploi

Le “Contrat d’Engagement Jeune” (CEJ) annoncé par l’Exécutif le 2 novembre 2021 cible les 500 000 jeunes de moins de 26 ans qui sont durablement (depuis plus d’un an) sans emploi, sans formation, sans études (NEETS) et qui souhaitent s’engager activement dans un parcours vers l’emploi.

Sa philosophie est d’être un coup de pouce pour mettre le pied à l’étrier, et ainsi amoindrir l’exclusion structurelle du marché du travail des non scolarisés, sans formation ni emploi (le taux des NEETS est deux fois plus élevé en France que dans certains pays de l’UE : 12% v. 6% en Allemagne par exemple).

Les jeunes ont payé un lourd tribut à la pandémie avec une précarité accrue, une augmentation de la pauvreté, une dégradation de la santé mentale, des universités fermées et des perspectives d’entrée sur le marché du travail largement obstruées.

Les spécificités du contrat

Concrètement, à partir du 1er mars 2022, les jeunes les plus éloignés de l’emploi se verront proposer par les Missions Locales ou Pôle emploi un programme intensif d’accompagnement de 15 à 20 h par semaine minimum, pendant une période jusqu’à 12 mois (18 mois sous conditions), avec une mise en activité systématique et régulière du début à la fin.

Plusieurs solutions pourront leur être proposées pendant leur parcours : des préparations pour entrer en formation (prépa apprentissage, prépa compétences), une formation qualifiante ou pré-qualifiante, une mission d’utilité sociale (service civique), des mises en situation en emploi (stages ou immersions en entreprise) ou une alternance (contrat d’apprentissage ou de professionnalisation).

Si nécessaire, afin que le manque de ressources ne les dissuade pas de s’investir dans un parcours vers l’emploi, ces jeunes pourront bénéficier d’une allocation jusqu’à 500 € / mois, sous condition de revenus, d’assiduité aux étapes du parcours défini avec leur conseiller référent et d’acceptation des offres d’activité qu’ils recevront. L’allocation reprend le fonctionnement de la “Garantie jeunes”, avec une garantie de ressources d’un montant maximal de 500 € / mois et un montant différentiel en fonction des autres sources de revenu afin de limiter le cumul des revenus à 500 €. Le non-respect des engagements ou le refus injustifié d’accepter un emploi entraîneront la rupture du contrat et donc du versement de l’allocation.

Le CEJ complémentaire avec les aides déjà allouées pour les jeunes

Le CEJ complète le plan “1 jeune, 1 solution” pour les jeunes durablement évincés du marché du travail. Depuis juillet 2020, ce plan “1 jeune, 1 solution” accompagne les jeunes dans la crise avec un certain succès : il a permis à plus de 3 millions de jeunes de trouver une solution (un emploi, un parcours d’insertion ou une formation). Le taux d’emploi des jeunes a ainsi retrouvé son niveau d’avant-crise. Mais trop de jeunes peu ou pas qualifiés restent encore sur le bord de la route et ne sont pas en mesure de trouver seuls un emploi, en dépit de la reprise économique et des tensions de recrutement dans certains secteurs.

Le CEJ se différencie de la “Garantie jeunes”. Il a vocation à être un dispositif intensif de bout en bout (du premier au dernier jour), individualisé (adapté aux besoins spécifiques des jeunes les plus exclus et en rupture), de proximité (opéré par les Missions Locales, Pôle Emploi et l’ensemble des acteurs publics et privés du service de l’emploi) et homogénéisé (avec des règles communes et une application unique).

En 2022, le plan “1 jeune, 1 solution” sera poursuivi pour l’ensemble des jeunes avec un budget de 5,4 milliards € : primes à l’alternance prolongées jusqu’à fin juin 2022, formations qualifiantes et pré-qualifiantes financées par le plan d’investissement dans les compétences (PIC), parcours d’insertion (CPIE, PEC, IAE, E2C, etc.), services civiques financés par l’Education nationale.

Un budget de 2,6 milliards pour le CEJ

Pour les jeunes les plus éloignés de l’emploi, le CEJ représente un investissement de 2,6 milliards € dont 2,05 milliards € qui mobilisent les solutions du plan “1 jeune, 1 solution” et 550 millions € supplémentaires qui viendront abonder par amendement le PLF 2022 pour renforcer l’intensité de l’accompagnement.

La CPME Paris Île-de-France suivra attentivement la réunion des conditions nécessaires pour réussir la mise en place rapide du  » Contrat Engagement Jeunes  » dès mars 2022. D’abord les ressources humaines, en recrutant plusieurs milliers de conseillers au sein des Missions locales et de Pôle emploi (au niveau national, les missions locales estiment le besoin à 2 500 conseillers en CDI ; Pôle emploi à 1 600 conseillers en CDI et 1 200 en CDD d’un an).

Ensuite les synergies, en coordonnant les nombreux dispositifs d’aides existants, chacun avec un statut et un opérateur. Enfin la “non-cannibalisation”, en veillant à ce que l’aide versée dans le cadre du CEJ ne réduise pas l’attractivité des autres dispositifs, notamment l’apprentissage et la Préparation opérationnelle à l’emploi individuelle (POEI, qui permet de financer une formation pour accéder à un poste précis en entreprise).

Le dossier de presse du Gouvernement à propos du « Contrat Engagement Jeunes »

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