Retour

2es Rencontres sur le Financement des TPE-PME

Financement
Bernard Cohen-Hadad

La CPME a organisé, en partenariat avec l’Association Françaises des Sociétés Financières (ASF), les Rencontres sur le Financement des TPE-PME en présence de Jean-Nöel Barrot, Député des Yvelines et Vice-Président de la Commission des Finances de l’Assemblée nationale, et d’Olivia Grégoire, Députée de Paris et membre de la Commission des Finances de l’Assemblée nationale, mardi 13 mars à la Maison de la Chimie. A cette occasion Bernard Cohen-Hadad, Président de la CPME Paris Ile-de-France, a pris la parole au nom de la Confédération des Petites et Moyennes Entreprises. Discours :

” Je me réjouis de notre collaboration avec l’ASF, et la remercie d’avoir associé la CPME à l’organisation de ces Rencontres.

Depuis quelques années, le monde du financement des TPE et PME a changé, et il évolue beaucoup depuis quelques mois. En effet, les statistiques de la Banque de France sont claires, celles des réseaux bancaires s’améliorent, et nous sentons que la situation va beaucoup mieux. Les problèmes globaux de financement de nos TPE et PME ont disparu, même s’il demeure des problèmes ponctuels d’accès au crédit et de financement de la trésorerie. Il existe désormais une telle palette ouverte de financements pour les TPE et PME, qu’il ne serait pas responsable, au regard des chiffres et de la réalité du terrain, de se plaindre de problèmes de non-financement. Parfois, en amont, c’est le montage même et/ou la présentation des dossiers qui posent problème. C’est pourquoi nous devons travailler ensemble.

Nous sommes tous dans une période de questionnement. Les réformes que nous appelions de nos vœux se réalisent, et nous actons comme principal point positif le rassemblement de tous les acteurs autour d’une table de discussion (parlementaires, banques, Bpifrance, PME, organisations patronales, crowdfunding). L’émulation actuelle est bénéfique, à tel point que la problématique ne réside plus forcément dans l’accès au crédit mais plutôt dans l’accès à l’information. En effet, il est vain de travailler en silo. À chaque moment de l’évolution de l’entreprise correspond un mode de financement. Nous ne pouvons plus penser une phase d’amorçage comme une phase de développement à l’international, comme une phase de recrutement, comme une phase de rachat ou comme une phase de transmission. Nos PME doivent intégrer ces paramètres et en discuter avec leurs partenaires financiers et leurs élus locaux pour trouver des solutions. Il n’existe pas qu’une seule solution de financement pour nos TPE et PME. Au contraire, la difficulté réside dans la recherche du juste système de financement au bon moment de la vie de l’entreprise. Et d’un bon accompagnement.

L’enjeu est aussi d’adapter les besoins de nos TPE et PME en termes de montants alloués et de tickets d’entrée. Dans les territoires, il faut privilégier le développement de nos entreprises et il est parfois difficile de trouver des financements locaux pour 200 000 euros lorsqu’il s’agit de développer l’entreprise par le rachat d’une autre dans le territoire. L’enjeu de proximité nous paraît fondamental, ainsi que la rapidité de la décision, le coût des crédits, des prestations et la lisibilité de l’information.

Je souligne le formidable travail de partenariat, d’accompagnement et de réflexion que nous effectuons dans le cadre du plan d’Action pour la Croissance et la Transformation des Entreprises. Jean-Noël Barrot a le mérite de bousculer et de combattre les idées reçues, ce qui est indispensable pour faire évoluer nos normes. Il nous importe de présenter des idées fortes, même si elles ne sont pas retenues, et d’évoquer ensemble clairement où veulent aller nos TPE et PME, aux orientations très variées. En effet, le rôle de la CPME est d’essayer de répondre aux attentes globales et particulières de nos adhérents. Nous avons présenté 85 propositions dans le cadre du PACTE !  À cet égard, il a été évoqué brièvement l’orientation de l’épargne vers les PME. Bien entendu, nous reconnaissons que l’épargne est au service des épargnants, mais aussi que l’épargne responsable est au service de la nation, et notamment au service de nos entreprises pour l’emploi. Nous ne devons pas oublier l’utilité sociale de l’épargne des Français envers nos entreprises, même si nous ne devons pas trop leurrer ces dernières, qui pourraient croire à tort que l’épargne se déversera directement des guichets des réseaux bancaires sur elles.

J’ai fortement apprécié l’échange sur le PEA PME : il ne s’agit pas d’un produit miracle, mais il a le mérite d’exister. Il doit cependant fortement évoluer pour devenir utile. La CPME est donc très favorable à son déplafonnement, ainsi qu’à une réflexion sur la mise en place d’un produit d’épargne de long terme pour nos épargnants, qui ne s’apparenterait pas à un simple outil d’optimisation fiscale.

Au sujet de l’exportation, je relève que nous peinons toujours à financer l’immatériel. La part RH du financement à l’international est notre question quotidienne, d’autant que nous souhaitons aussi privilégier l’orientation de nos entreprises artisanales vers l’international à travers un VIE des secteurs de l’artisanat, par exemple des  métiers de bouche, ou un VIE du secteur du bâtiment. Il ne faut pas limiter les VIE aux métiers de service. Au contraire, il est nécessaire que le prisme évolue si nous voulons valoriser tous les métiers et toutes nos entreprises à l’export.

Beaucoup de choses évoluent positivement, mais il faut toujours prendre le temps de l’échange, du débat et de la réflexion. Il est important que nos entreprises aient le temps de connaître le fondement des réformes, de les intégrer et de les digérer. Elles ont besoin aussi d’être informées des conséquences pour elles et donc d’y être associées. En outre, n’oublions pas que le temps des entreprises diffère de celui de l’administration, des régions et de l’État. C’est la raison pour laquelle il faut multiplier les occasions de rencontres, de débats et d’échanges. Je remercie donc à nouveau l’ASF pour cette initiative.”